Le plaisir de comprendre
Les types et les formes de phrases
Tu joues avec moi. Joues-tu avec moi ? Range tout ! Une phrase peut raconter, poser une question ou donner un ordre, et elle peut être affirmative, négative ou exclamative. Apprends à reconnaître chaque phrase et à la transformer sans faute : l’inversion avec le trait d’union, « Est-ce que », ne … pas, plus, jamais.
CE1 · CE2 · CM1
Qu’est-ce qu’une phrase ?
Une phrase est une suite de mots qui a du sens. À l’écrit, elle commence toujours par une majuscule et se termine par un point : un point « . », un point d’interrogation « ? » ou un point d’exclamation « ! ».
« le chat dort sur le lit » n’est pas une phrase bien écrite : il manque la majuscule et le point. On écrit « Le chat dort sur le lit. »
« Lit le sur dort chat. » n’est pas une phrase : les mots sont dans le désordre, cela ne veut rien dire.
Une phrase ne contient pas toujours un verbe : « Quelle jolie robe ! » est une phrase.
Les trois types de phrases
| Type | À quoi sert la phrase ? | Elle se termine par | Exemple |
|---|---|---|---|
| Déclarative | Donner une information, raconter. | . (un point) | Tu joues avec moi. |
| Interrogative | Poser une question. | ? (un point d’interrogation) | Joues-tu avec moi ? |
| Impérative | Donner un ordre ou un conseil. | . ou ! (un point d’exclamation) | Range tout. Viens ici ! |
La phrase déclarative
C’est la phrase la plus courante : elle dit quelque chose, elle donne une information. Elle se termine par un point.
Exemples : « L’orage va éclater. » « La feuille vole dans le vent. »
Une phrase négative peut être déclarative : « Il ne pleut pas ce matin. » donne une information, elle se termine par un point. Elle est déclarative et négative.
La phrase interrogative : trois façons de poser une question
Une phrase interrogative pose une question. Elle se termine toujours par un point d’interrogation « ? ».
Première façon, à l’oral surtout : on garde la phrase et on monte la voix à la fin. « Tu viens ? »
Deuxième façon : on ajoute « Est-ce que » au début de la phrase. « L’étoile brille dans le ciel. » devient « Est-ce que l’étoile brille dans le ciel ? » Devant une voyelle, « que » devient « qu’ » : « Est-ce qu’il pleut ? »
Troisième façon : on inverse le sujet et le verbe. Le verbe passe devant, puis on met un trait d’union, puis le sujet. « Tu aimes les fraises. » devient « Aimes-tu les fraises ? »
Attention en contrôle : quand la consigne demande l’inversion, on ne doit pas utiliser « Est-ce que ». Les deux questions sont justes en français, mais une seule répond à la consigne.
Trois façons de poser la même question
| Façon | La question |
|---|---|
| En montant la voix | Tu aimes les fraises ? |
| Avec « Est-ce que » | Est-ce que tu aimes les fraises ? |
| Avec l’inversion du sujet | Aimes-tu les fraises ? |
L’inversion du sujet, pas à pas
Je cherche le verbe conjugué et son sujet. Dans « Vous buvez un verre d’eau. », le verbe est « buvez », le sujet est « vous ».
J’écris d’abord le verbe, avec une majuscule puisqu’il commence la phrase. Je mets un trait d’union, puis le sujet. J’écris la fin de la phrase et je termine par un point d’interrogation : « Buvez-vous un verre d’eau ? »
Quand le verbe se termine par une voyelle et que le sujet est il, elle ou on, on ajoute un t entre deux traits d’union pour que ça sonne bien : « Il va à l’école. » devient « Va-t-il à l’école ? » ; « Elle aime le chocolat. » devient « Aime-t-elle le chocolat ? » ; « Elle a faim. » devient « A-t-elle faim ? »
Quand le verbe se termine déjà par un t ou un d, on n’ajoute rien : « Prend-il le bus ? » « Finit-elle ses devoirs ? »
Au CM1, quand le sujet est un nom, on le garde au début et on ajoute après le verbe le pronom qui le remplace : « Le chat dort sur le canapé. » devient « Le chat dort-il sur le canapé ? » ; « Marie a mis son maillot. » devient « Marie a-t-elle mis son maillot ? »
Transformer en question par l’inversion
| Phrase déclarative | Question par l’inversion |
|---|---|
| Tu as chaud. | As-tu chaud ? |
| Vous buvez un verre d’eau. | Buvez-vous un verre d’eau ? |
| Nous préparons un gâteau au chocolat. | Préparons-nous un gâteau au chocolat ? |
| Il va à l’école. | Va-t-il à l’école ? |
| Ils regardent la télévision. | Regardent-ils la télévision ? |
| La neige tombe doucement. | La neige tombe-t-elle doucement ? |
Les mots interrogatifs
Pour demander une précision, on commence la question par un mot interrogatif, puis on fait l’inversion : « Où vas-tu ? » « Quand partez-vous ? »
Où demande le lieu, quand demande le moment, comment demande la manière, pourquoi demande la cause, combien demande la quantité, qui demande la personne, que ou quoi demandent la chose.
Exemple : « Il part à huit heures. » La question qui porte sur « à huit heures » est « Quand part-il ? »
La phrase impérative
La phrase impérative donne un ordre, un conseil ou une interdiction. Le sujet n’est pas écrit : « Range tout. » « Viens ici ! » « Mettez vos bottes. »
Elle se termine par un point, ou par un point d’exclamation quand l’ordre est dit avec force.
Pour interdire, on la met à la forme négative : « Cours ! » devient « Ne cours pas ! » ; « Ouvre la fenêtre. » devient « N’ouvre pas la fenêtre. »
La forme exclamative
Une phrase exclamative exprime un sentiment : la joie, la surprise, la colère, l’admiration. Elle se termine par un point d’exclamation « ! ».
Elle peut commencer par un mot outil : comme, que, quel ou quelle. « Comme tu as grandi ! » « Que ce tableau est beau ! » « Quelle jolie robe ! »
Pour transformer « Ce gâteau est bon. » en phrase exclamative, j’ajoute « Comme » ou « Que » au début et je termine par un point d’exclamation : « Comme ce gâteau est bon ! » Devant une voyelle, « que » devient « qu’ » : « Qu’il fait froid ! »
La forme affirmative et la forme négative
Une phrase affirmative dit que quelque chose est vrai : « Le vent souffle fort. »
Une phrase négative dit le contraire. Deux petits mots encadrent le verbe conjugué : ne … pas, ne … plus, ne … jamais, ne … rien. « Le vent ne souffle pas fort. »
Devant une voyelle ou un h muet, ne devient n’ : « Elle n’utilise plus le livre. » « Vous n’habitez pas ici. »
Quand le verbe est en deux mots, comme au passé composé, les mots de la négation encadrent l’auxiliaire être ou avoir : « Le téléphone a sonné. » devient « Le téléphone n’a pas sonné. »
À l’oral, on oublie souvent le ne : « Je sais pas. » À l’écrit, il faut toujours écrire les deux mots : « Je ne sais pas. »
Les mots de la négation
| Phrase affirmative | Phrase négative | Mots de la négation |
|---|---|---|
| Le vent souffle fort. | Le vent ne souffle pas fort. | ne … pas |
| Elle utilise encore le livre. | Elle n’utilise plus le livre. | n’ … plus |
| Louis saute toujours dans les flaques. | Louis ne saute jamais dans les flaques. | ne … jamais |
| Je vois quelque chose. | Je ne vois rien. | ne … rien |
| Je vois quelqu’un. | Je ne vois personne. | ne … personne |
| Le téléphone a sonné. | Le téléphone n’a pas sonné. | n’ … pas autour de l’auxiliaire |
Les pièges de la négation
« Toujours » devient « jamais » : « Louis saute toujours dans les flaques. » devient « Louis ne saute jamais dans les flaques. »
« Encore » devient « plus » : « Les oiseaux chantent encore. » devient « Les oiseaux ne chantent plus. » On n’écrit pas « ne chantent pas encore ».
« Quelque chose » devient « rien », et « quelqu’un » devient « personne » : « Je ne vois rien. » « Je ne vois personne. »
Au passé composé, « personne » se place après le participe, mais « rien » et « jamais » restent avant : « Je n’ai vu personne. » « Je n’ai rien mangé. » « Il n’a jamais menti. »
« J’ai compris » devient « Je n’ai pas compris » : je redeviens je, et ne devient n’ devant ai.
Une phrase a un type et une ou plusieurs formes
| Phrase | Type | Formes |
|---|---|---|
| La reine regarde le paysage. | déclarative | affirmative |
| La voiture ne tourne pas à droite. | déclarative | négative |
| Comme cette fleur est jolie ! | déclarative | affirmative et exclamative |
| Cette robe n’est pas rouge ! | déclarative | négative et exclamative |
| Viendras-tu demain ? | interrogative | affirmative |
| Ne cours pas ! | impérative | négative et exclamative |
La méthode pour transformer une phrase
Je lis la consigne deux fois et je souligne ce qu’elle demande : inversion, « Est-ce que », négation, exclamation.
Je cherche le verbe conjugué. Pour une phrase négative, je l’encadre avec ne et pas : « Clara joue d’un instrument. » devient « Clara ne joue pas d’un instrument. » Pour une question, je le place devant le sujet ou j’ajoute « Est-ce que ».
Je relis ma phrase : la majuscule au début, les traits d’union, et le bon point à la fin. « Il dort. » et « Dort-il ? » n’ont pas le même sens : le point change tout.
Ce qu’on apprend dans chaque classe
| Classe | Ce qu’il faut savoir faire |
|---|---|
| CE1 | Reconnaître une phrase, choisir le point, la phrase qui raconte, qui pose une question ou qui exprime un sentiment, poser une question avec « Est-ce que », écrire une phrase négative avec ne … pas. |
| CE2 | Les trois types de phrases, l’inversion du sujet avec le trait d’union et le -t-, « Est-ce que », les formes affirmative, négative et exclamative, ne … pas, plus, jamais, rien. |
| CM1 | L’inversion avec un nom sujet, les mots interrogatifs, ne … personne, la négation au passé composé et à l’impératif, une phrase qui a plusieurs formes. |
Exemple corrigé
Transforme « Il aime le chocolat. » en question par l’inversion du sujet, puis en phrase négative.
Aime-t-il le chocolat ? Il n’aime pas le chocolat.
Pour la question, le verbe « aime » passe devant le sujet « il ». Le verbe finit par un e et le sujet commence par une voyelle : on ajoute -t- entre deux traits d’union. On met une majuscule au début et un point d’interrogation à la fin. Pour la négation, j’encadre le verbe « aime » avec ne et pas. Devant le a de « aime », ne devient n’.
À ton tour avec « Elle joue encore dehors. » Question par l’inversion : « Joue-t-elle encore dehors ? » Phrase négative : « Elle ne joue plus dehors. », car « encore » devient « plus ».
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