Scolaxy Le plaisir de comprendre
Une courbe de population qui monte au-dessus d’une ville d’Afrique, des familles et des enfants qui vont à l’école, à côté d’une pyramide des âges à base large.

La croissance démographique et ses effets

La croissance démographique empêche-t-elle les sociétés de se développer durablement et équitablement ? Apprends les mots à savoir par cœur, puis étudie l’Inde, le Nigeria et Lagos, compare avec l’Allemagne qui vieillit, et retrouve les réponses attendues de chaque document et le développement construit.

5e · 4e

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La question du chapitre

Problématique : la croissance démographique empêche-t-elle les sociétés de se développer durablement et équitablement ?

Dans ce chapitre, tu dois savoir décrire les grandes évolutions de la population mondiale, expliquer les effets de la croissance démographique en Inde et au Nigeria, et comparer les défis des pays à forte croissance et ceux des pays à faible croissance.

Tu dois aussi savoir lire une carte, un graphique, une pyramide des âges et un texte, puis rédiger une réponse organisée et justifiée avec des exemples.

La réponse à retenir : la croissance démographique n’empêche pas toujours le développement. Ses effets dépendent de la capacité des sociétés à satisfaire durablement et équitablement les besoins de leur population.

Les mots à savoir par cœur

Le motSa définitionUn exemple
la croissance démographiqueL’augmentation du nombre d’habitants d’un territoire au cours du temps.Le Nigeria passe d’environ 35 millions d’habitants en 1950 à 180 millions en 2015.
le taux de natalitéLe nombre de naissances en un an pour 1 000 habitants. Il s’écrit en ‰ (pour mille).Au Nigeria, environ 39 ‰ en 2015.
le taux de mortalitéLe nombre de décès en un an pour 1 000 habitants, en ‰.Au Nigeria, environ 13 ‰ en 2015.
l’accroissement naturelLa différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès : naissances moins décès.39 ‰ moins 13 ‰ font 26 ‰, soit 2,6 % par an.
le solde migratoireLa différence entre les personnes qui arrivent dans un territoire (immigrés) et celles qui en partent (émigrés).En Allemagne, il est positif : plus d’arrivées que de départs.
le taux de féconditéLe nombre moyen d’enfants par femme en âge d’avoir des enfants (de 15 à 49 ans).Environ 6 enfants par femme au Nigeria en 2015.
le seuil de renouvellement des générationsEnviron 2,1 enfants par femme : le nombre d’enfants qu’il faut pour que la population se remplace.L’Inde passe sous ce seuil vers 2020.
l’urbanisationL’augmentation de la part de la population qui vit en ville, et l’extension des villes.Lagos gagne environ 6 000 habitants par jour.
l’exode ruralLe départ des habitants des campagnes vers les villes.Des Nigérians quittent leur village pour chercher du travail à Lagos.
la densité de populationLe nombre moyen d’habitants par km².Très forte dans la plaine du Gange, faible dans le désert du Thar.
la pyramide des âgesUn graphique qui montre la population par âge et par sexe : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, les plus jeunes en bas.Celle du Nigeria a une base très large.
le vieillissement démographiqueL’augmentation de la part des personnes âgées (plus de 65 ans) dans la population.En Allemagne, les plus de 65 ans passent d’un cinquième à un tiers de la population.
le développementL’amélioration des conditions de vie de la population : santé, éducation, revenus, logement.En Inde, les jeunes savent beaucoup plus souvent lire que leurs grands-parents.
le développement durableUn développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.Construire des transports en commun plutôt que des routes saturées.
le développement équitableUn développement dont les progrès profitent à tous : femmes et hommes, riches et pauvres, villes et campagnes, tous les groupes sociaux.En Inde, les femmes et les Dalits restent moins alphabétisés : le développement n’est pas encore équitable.

Corrige tes définitions

Croissance démographique : « augmentation des habitants » est presque juste. Écris l’augmentation du nombre d’habitants d’un territoire, au cours du temps.

Fécondité : « nombre moyen » est incomplet. Il faut dire de quoi : le nombre moyen d’enfants par femme en âge d’avoir des enfants.

Accroissement naturel : tu as écrit « différence entre morts et naissances ». On commence par les naissances : c’est le nombre de naissances moins le nombre de décès. Sinon le résultat a le mauvais signe.

Urbanisation : « augmentation de la population des villes » est juste, mais au contrôle précise que c’est la part de la population qui vit en ville qui augmente.

Développement durable : « développement qui répond aux problèmes actuels » ne suffit pas. Il faut les deux moitiés : il répond aux besoins du présent, sans empêcher les générations futures de répondre aux leurs.

Ne confonds pas la natalité et la fécondité. La natalité compte des naissances pour 1 000 habitants (en ‰). La fécondité compte des enfants par femme : 6,3 ou 2,1, sans ‰.

Calculer l’accroissement naturel

1. Prends le taux de natalité et enlève le taux de mortalité : natalité moins mortalité.

2. Le résultat est en ‰. Pour l’avoir en %, divise par 10 : 26 ‰ font 2,6 %.

3. S’il est positif, la population augmente par les naissances. S’il est négatif (plus de décès que de naissances), elle diminue, sauf si le solde migratoire compense.

La population totale d’un territoire varie avec l’accroissement naturel et avec le solde migratoire.

Séance 1 : une croissance mondiale inégale

Mission : distinguer le nombre d’habitants d’un pays et le rythme de sa croissance. Ce n’est pas la même chose.

Méthode pour lire une carte : lis le titre, la date, l’échelle et la légende ; décris d’abord les grands ensembles, puis donne des exemples précis.

Document 1, la carte par anamorphose (2014) : la taille de chaque pays est proportionnelle à son nombre d’habitants, pas à sa superficie. Plus un pays est peuplé, plus son rectangle est grand.

Les deux géants sont asiatiques : la Chine et l’Inde, chacune plus de 1,2 milliard d’habitants. Viennent ensuite les États-Unis (3e), puis l’Indonésie.

Document 2, l’évolution de 2015 à 2050 : la croissance projetée est d’environ 2 % par an en Afrique, 1 % en Asie et 0,2 % en Europe. La croissance la plus forte se trouve en Afrique subsaharienne : le Nigeria, le Niger, le Mali, l’Éthiopie.

La croissance est faible, ou la population diminue, en Europe, en Russie et au Japon, et bientôt en Chine. Aux États-Unis, en Europe et en Chine, la population vieillit.

Séance 1 : les réponses attendues

La questionLa réponse à écrire
1. Que représente la taille des rectangles ?La taille des rectangles est proportionnelle au nombre d’habitants de chaque pays.
2. Quels sont les deux géants asiatiques ?La Chine et l’Inde.
3. Où la croissance projetée est-elle la plus forte ? Cite deux pays.En Afrique subsaharienne (environ 2 % par an), par exemple au Nigeria et au Niger (ou au Mali, en Éthiopie, à Madagascar).
4. Quels espaces ont une croissance faible ou une population qui diminue ?L’Europe (environ 0,2 % par an, et l’Allemagne diminue), la Russie, le Japon et la Chine.
5. Pourquoi « pays très peuplé » ne veut-il pas dire « pays à forte croissance » ?Un pays très peuplé a beaucoup d’habitants, mais sa population peut augmenter lentement, comme la Chine. Un pays à forte croissance voit sa population augmenter vite, même s’il est moins peuplé, comme le Niger.

Étude de cas 1 : l’Inde, un géant démographique

Document 2, la courbe de l’Inde et de la Chine de 1950 à 2100 (ONU) : l’Inde dépasse la Chine vers 2022 et devient le pays le plus peuplé du monde.

Sa population continue d’augmenter jusque vers 2060, où elle atteint environ 1,7 milliard d’habitants, puis elle diminue un peu : environ 1,53 milliard en 2100 (1 533 400 milliers). La Chine, elle, baisse beaucoup : environ 771 millions en 2100 (771 301 milliers).

Document 3, les densités en 2011 : la population est très mal répartie. Les densités sont très fortes dans la plaine du Gange, au nord, et sur les côtes (Mumbai, Calcutta). Elles sont faibles au nord-ouest, dans le désert du Thar, et dans l’Himalaya.

Attention : il n’y a pas « trop de gens au nord et pas assez au sud ». Les fortes densités suivent la plaine du Gange et les littoraux, y compris au sud ; les montagnes et le désert sont presque vides.

Une population nombreuse et dense a de très grands besoins : il faut construire des logements, des écoles, des hôpitaux, des transports, fournir l’eau, l’électricité et des emplois. C’est pour cela que l’Inde doit développer ses équipements et ses services.

L’Inde : les chiffres à retenir

Ce qu’on mesureLa valeur
L’année où l’Inde dépasse la Chinevers 2022
Le maximum de la populationvers 2060, environ 1,7 milliard
La population en 2100environ 1,53 milliard (Chine : 771 millions)
La fécondité en 1950environ 6 enfants par femme
La fécondité vers 2020sous le seuil de 2,1 enfants par femme
La fécondité prévue en 2100environ 1,5 enfant par femme

L’Inde : fécondité, santé et contrastes

Document 4 : la fécondité baisse beaucoup. Environ 6 enfants par femme en 1950, elle passe sous le seuil de renouvellement (2,1) vers 2020 et devrait atteindre environ 1,5 en 2100.

Document 5 : une campagne de vaccination et de soins dans l’Inde rurale, pour les femmes enceintes et les migrantes. L’accès aux soins fait baisser la mortalité, surtout celle des bébés. Quand les enfants survivent, les familles en font moins : la fécondité baisse aussi.

Document 6 : à Mumbai, des gratte-ciel dominent les bidonvilles de Bandra. Les quartiers riches et les quartiers très pauvres sont côte à côte : ce sont de forts contrastes sociaux et urbains.

L’Inde : un développement réel mais inégalement partagé

Document 7, l’alphabétisation par âge, par sexe et par groupe social (enquête IHDS) : les jeunes savent beaucoup plus souvent lire et écrire que les personnes âgées. C’est un vrai progrès de l’éducation.

Chez les personnes âgées, les femmes sont beaucoup moins alphabétisées que les hommes : l’écart entre filles et garçons s’est réduit, mais il existe encore.

Le groupe social compte aussi : les Dalits, les Adivasis et les musulmans sont moins alphabétisés ; les hautes castes et les chrétiens le sont davantage.

Figure 5, l’abandon scolaire : 20 % des hommes n’ont jamais été scolarisés et 50 % ont abandonné l’école ; chez les femmes, c’est 40 % et 57 %. L’abandon est plus fréquent dans les villages moins développés, chez les plus pauvres et chez les Adivasis, les Dalits et les musulmans.

Conclusion : en Inde, le développement est réel, mais il est inégalement partagé selon le sexe, le lieu de vie, le revenu et le groupe social. Il n’est pas encore équitable.

L’Inde : les réponses attendues

La questionLa réponse à écrire
Vers quelle date l’Inde dépasse-t-elle la Chine ?Vers 2022.
Comment évolue la population de l’Inde jusqu’en 2100 ?Elle augmente jusque vers 2060 (environ 1,7 milliard), puis elle diminue légèrement jusqu’à environ 1,53 milliard en 2100.
La population est-elle bien répartie ?Non. Elle est très concentrée dans la plaine du Gange et sur les côtes ; le désert du Thar au nord-ouest et l’Himalaya sont presque vides.
Pourquoi l’Inde doit-elle développer ses équipements et ses services ?Parce que sa population est très nombreuse et dense : elle a besoin de logements, d’écoles, de soins, de transports, d’eau et d’emplois.
Comment évolue la fécondité ?Elle baisse : 6 enfants par femme en 1950, moins de 2,1 vers 2020, environ 1,5 en 2100.
Quel lien entre l’accès aux soins et la fécondité ?Les soins font baisser la mortalité des enfants ; les familles ont alors moins d’enfants, donc la fécondité baisse.
Que montre la photographie de Mumbai ?De forts contrastes : des gratte-ciel modernes à côté des bidonvilles, les riches et les pauvres côte à côte.
Quels progrès entre jeunes et âgés ?Les jeunes sont beaucoup plus alphabétisés que les personnes âgées.
Quelles inégalités entre hommes et femmes ?Les femmes sont moins alphabétisées et plus souvent jamais scolarisées (40 % contre 20 %) ; elles abandonnent plus (57 % contre 50 %).
Quels autres facteurs d’inégalité ?Le lieu de vie (villages moins développés), le revenu (les plus pauvres) et le groupe social (Adivasis, Dalits, musulmans).
Le développement est-il partagé ?Le développement est réel mais inégalement partagé : il n’est pas équitable.

Étude de cas 2 : le Nigeria, une population très jeune

Document 9 : le Nigeria est en Afrique de l’Ouest, au bord du golfe de Guinée. Sa principale métropole est Lagos, sur la côte. C’est le pays le plus peuplé d’Afrique.

Document 10, la pyramide des âges de 2020 : sa base est très large et son sommet très étroit. Il y a beaucoup d’enfants et de jeunes et peu de personnes âgées : la population est très jeune.

Document 11 : la population passe d’environ 35 millions en 1950 à 180 millions en 2015, et pourrait atteindre 430 millions en 2050. Elle est multipliée par 5 en 65 ans.

La fécondité était d’environ 6,3 enfants par femme en 1950 et 6,5 vers 1980 ; elle est d’environ 6 en 2015 et devrait baisser vers 3,3 en 2050 (ONU, Ined 2015).

Pourquoi la population augmente-t-elle alors que la fécondité baisse ? Parce que la population est très jeune : il y a énormément de jeunes qui vont à leur tour avoir des enfants, et même avec moins d’enfants par femme, il y a beaucoup plus de mères. La mortalité a aussi fortement baissé. La croissance continue sur sa lancée : c’est l’inertie démographique.

Le tableau du Nigeria à compléter

L’indicateurEn 1950En 2015L’évolution
Taux de natalité (‰)environ 46 ‰environ 39 ‰il baisse un peu
Taux de mortalité (‰)environ 31 ‰environ 13 ‰il baisse beaucoup
Accroissement naturel (à calculer)46 moins 31 font 15 ‰ (1,5 %)39 moins 13 font 26 ‰ (2,6 %)il augmente
Population totaleenviron 35 millionsenviron 180 millionselle est multipliée par 5
Fécondité (enfants par femme)environ 6,3environ 6elle baisse lentement

Le tableau : natalité ou fécondité ?

Sur la fiche, 6,2 et 5 ont été écrits dans la colonne « taux de natalité ». Ce sont des taux de fécondité : des enfants par femme. Ils vont dans la ligne fécondité, lus sur le graphique du document 11.

Les taux de natalité et de mortalité ne sont pas écrits sur la fiche. Les valeurs du tableau ci-dessus sont des valeurs arrondies de l’ONU. Si ton professeur en donne d’autres, garde les siennes : la méthode reste la même.

Ce qu’il faut retenir : la mortalité a beaucoup baissé (soins, vaccins), la natalité beaucoup moins. L’écart grandit, donc l’accroissement naturel augmente et la population explose.

Les besoins d’une population qui augmente (document 12)

Document 12 (New York Times, 2012) : à Lagos, 50 personnes partagent une cuisine et des toilettes ; il y a 100 élèves par classe ; près de 50 % des jeunes urbains de 15 à 24 ans sont au chômage.

Quatre besoins : des logements, des écoles et des enseignants, des emplois, des services de santé (et l’eau, les toilettes).

La politique du gouvernement : rendre les contraceptifs gratuits et encourager les petites familles.

Le lien avec l’économie : avec moins d’enfants par famille, les parents peuvent mieux nourrir, soigner et scolariser chacun d’eux ; l’État peut construire assez d’écoles et d’emplois. Les petites familles sont une clé de la croissance économique.

Pourquoi la fécondité reste forte (document 13)

Document 13 (The Economist, 2017) : plusieurs causes expliquent que les familles aient encore beaucoup d’enfants.

La foi et la tradition : des groupes comme Boko Haram rejettent la contraception, présentée comme une idée occidentale.

L’économie : les enfants travaillent aux champs et soutiendront leurs parents quand ils seront âgés.

La mortalité infantile : quand beaucoup de bébés meurent, les familles font plus d’enfants.

La place des femmes : beaucoup sont mariées très jeunes et ne vont pas à l’école.

Les mesures qui marchent, dans l’État de Kaduna : contraception gratuite, espacement des naissances, éducation des filles. La fécondité y passe de 6,3 enfants par femme en 2008 à 4,1 en 2013, alors que la moyenne nationale est de 5,7.

L’éducation des filles est essentielle : une fille qui va longtemps à l’école se marie plus tard, a moins d’enfants, mieux soignés, et peut travailler.

Une population jeune : atout ou difficulté ?

Une population jeune est…Si…
un atoutles jeunes sont éduqués, formés et trouvent un emploi : ils font grandir l’économie et la consommation.
une difficultéil manque des écoles, des logements et des emplois : chômage, pauvreté, bidonvilles.

Lagos, une métropole qui grandit trop vite (document 14)

Document 14 (Julie Vandal, 2013) : Lagos est surnommée « ville poubelle » ou « l’enfer » ; les habitants parlent de « wahala », les ennuis.

Deux chiffres : 15 à 18 millions d’habitants, environ 6 000 nouveaux arrivants par jour, une croissance de 6 % par an.

Pourquoi venir ? Les habitants des campagnes espèrent y trouver du travail, de l’argent, des écoles et des soins : c’est l’exode rural.

Les difficultés : la ville est construite sur une île et une presqu’île, elle manque de terres ; il faut des ponts et des routes ; les embouteillages géants s’appellent le « go slow » ; les déchets et les logements insalubres s’accumulent.

Ce que nous avons démontré : la croissance très rapide de la population et des aménagements insuffisants (routes, logements, eau, déchets) rendent la vie difficile. Le problème n’est pas seulement le nombre d’habitants, mais le manque d’aménagements pour répondre à leurs besoins.

Le Nigeria : les réponses attendues

La questionLa réponse à écrire
Que montre la pyramide des âges ?Une base très large : beaucoup de jeunes, peu de personnes âgées. La population est très jeune.
Comment évolue la population ?Elle augmente très vite : 35 millions en 1950, 180 millions en 2015, environ 430 millions prévus en 2050.
Pourquoi la population augmente-t-elle alors que la fécondité baisse ?Parce que la population est très jeune : beaucoup de jeunes vont devenir parents, et la mortalité a baissé.
Cite quatre besoins.Des logements, des écoles, des emplois, des soins (et des toilettes, de l’eau).
Quelle politique mène le gouvernement ?La contraception gratuite et l’encouragement des petites familles.
Pourquoi les petites familles aident-elles la croissance économique ?Chaque enfant est mieux nourri, soigné et éduqué, et l’État peut fournir assez d’écoles et d’emplois.
Pourquoi vient-on à Lagos ?Pour trouver du travail et une vie meilleure : c’est l’exode rural.
Quelles difficultés à Lagos ?Le manque de terres et de logements, les embouteillages (go slow), les déchets, les bidonvilles.

Mise en perspective : l’Allemagne, une population qui vieillit

Document 15 : un article de Frédéric Lemaître, « En Allemagne, la crainte du “Demokalypse” », paru dans le journal Le Monde le 29 avril 2015. Pour le présenter : sa nature (un article de presse), son auteur (Frédéric Lemaître), sa source (Le Monde), sa date (29 avril 2015) et son sujet (la projection de la population allemande).

L’Allemagne a 81 millions d’habitants. Sa population devrait encore augmenter pendant 5 à 7 ans, grâce aux immigrés, puis diminuer : entre 68 et 73 millions en 2060.

Les plus de 65 ans passeraient d’un cinquième à un tiers de la population : c’est le vieillissement démographique.

Deux conséquences : il y a moins d’enfants à l’école (11 % de moins en dix ans) et il manque de la main-d’œuvre qualifiée, surtout dans le sud du pays. Il faudra aussi payer plus de retraites et de soins pour les personnes âgées.

Une projection n’est pas une certitude : c’est un calcul de ce qui arriverait si les tendances restaient les mêmes. Les migrations ou la fécondité peuvent la changer.

Comparer le Nigeria et l’Allemagne en trois phrases : le Nigeria a une population très jeune qui augmente très vite. L’Allemagne a une population âgée qui devrait diminuer. Le Nigeria doit construire des écoles et créer des emplois, l’Allemagne doit prendre soin de ses personnes âgées et trouver des travailleurs.

Synthèse : trois territoires, trois situations

Le territoireLa situationLes besoins et les difficultésLes atouts et les réponses
l’IndePays le plus peuplé du monde depuis 2022 ; la croissance ralentit, la fécondité est passée sous 2,1.Logements, écoles, soins, transports ; fortes inégalités entre femmes et hommes, riches et pauvres, groupes sociaux.Une population jeune et de plus en plus éduquée ; campagnes de santé, scolarisation.
le NigeriaPopulation très jeune, en très forte croissance : 180 millions en 2015, 430 prévus en 2050.Écoles surchargées, chômage des jeunes, Lagos saturée (go slow, bidonvilles).Une main-d’œuvre jeune ; contraception gratuite, éducation des filles (Kaduna).
l’Allemagne et l’EuropeCroissance faible, population qui vieillit et devrait diminuer.Moins d’élèves, manque de travailleurs qualifiés, retraites et soins des personnes âgées.La richesse du pays ; accueil d’immigrés, aide aux familles.

Le développement construit : un modèle de réponse

Sujet : montre que les pays à forte croissance et les pays à faible croissance ne rencontrent pas les mêmes défis.

Plan à suivre : réponds au sujet en une phrase ; présente un pays à forte croissance avec un exemple chiffré ; présente un territoire à faible croissance avec un exemple chiffré ; conclus sur le rôle des politiques publiques.

Modèle : Les pays à forte croissance démographique et ceux à faible croissance ne rencontrent pas les mêmes défis.

D’abord, dans un pays à forte croissance comme le Nigeria, la population est très jeune et augmente très vite (180 millions d’habitants en 2015, 430 millions prévus en 2050). Il faut construire des écoles, des logements et créer des emplois : à Lagos, il y a jusqu’à 100 élèves par classe et la moitié des jeunes sont au chômage.

Ensuite, dans un territoire à faible croissance comme l’Allemagne, la population vieillit et devrait diminuer (de 81 à environ 70 millions d’habitants en 2060). Les plus de 65 ans formeront un tiers de la population : il faut financer les retraites et les soins, et trouver des travailleurs.

Enfin, la croissance démographique n’empêche pas toujours le développement : tout dépend des politiques publiques. L’éducation des filles, l’accès aux soins et la contraception au Nigeria, l’accueil d’immigrés en Allemagne aident les sociétés à répondre durablement et équitablement aux besoins de leur population.

Je dois avoir compris

1. La population mondiale augmente, mais à des rythmes très différents : vite en Afrique subsaharienne, lentement en Europe.

2. Une forte croissance augmente les besoins (logements, écoles, soins, emplois), mais une population jeune peut aussi être un atout.

3. Une faible croissance entraîne d’autres défis, notamment le vieillissement : retraites, soins, manque de travailleurs.

4. Le nombre d’habitants ne suffit pas à expliquer le niveau de développement : la Chine et l’Inde sont aussi peuplées, mais pas au même niveau ; un pays très peuplé n’est pas forcément un pays à forte croissance.

5. Les effets dépendent des moyens, des politiques et de la répartition des richesses. Réponse essentielle : les effets de la croissance démographique dépendent de la capacité des sociétés à satisfaire durablement et équitablement les besoins de leur population.

Je m’entraîne : les réponses de la fiche bilan

La questionLa réponse
Quels besoins une forte croissance renforce-t-elle ?Les besoins en logements, en écoles, en soins, en emplois, en transports, en eau et en nourriture.
Pourquoi une population jeune peut-elle être un atout ?Si elle est éduquée et trouve un emploi, elle travaille, produit et consomme : elle fait grandir l’économie.
Quels sont les défis du vieillissement ?Payer les retraites, soigner les personnes âgées, trouver assez de travailleurs, garder les écoles ouvertes malgré moins d’élèves.
Pourquoi la croissance n’empêche-t-elle pas toujours le développement ?Parce que tout dépend des politiques menées : si l’État construit des écoles, soigne et crée des emplois, il répond aux besoins de tous.

Exemple corrigé

Au Nigeria en 2015, le taux de natalité est d’environ 39 ‰ et le taux de mortalité d’environ 13 ‰. Calcule l’accroissement naturel et dis ce qu’il montre.

L’accroissement naturel est de 26 ‰, soit 2,6 % par an : la population du Nigeria augmente très vite.

1. J’enlève la mortalité à la natalité : 39 moins 13 font 26 ‰. 2. Je divise par 10 pour l’avoir en % : 2,6 %. 3. Le résultat est positif et fort : il y a beaucoup plus de naissances que de décès, la population augmente vite. Je ne mets pas 6 ou 6,3 dans la natalité : ce sont des enfants par femme, la fécondité.

À ton tour avec 1950 : natalité environ 46 ‰, mortalité environ 31 ‰. Réponse : 46 moins 31 font 15 ‰, soit 1,5 % par an. L’accroissement naturel a augmenté entre 1950 et 2015 parce que la mortalité a beaucoup baissé.

Retrouve cette leçon et les exercices sur Scolaxy : https://scolaxy.com/cours/geographie/la-croissance-demographique-et-ses-effets/

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